Disco Soup – un événement solidaire, convivial, dansant….pour mobiliser contre le gaspillage alimentaire

Trop petits ! Pas suffisamment rouges ! Pas assez droits ! Trop grandes…les raisons qui expliquent pourquoi ces kilos d’avocats, de tomates, de mangues, de bananes ont été déclassés (mis hors jeu de la chaine de commercialisation) ne sont pas toujours simples à identifier. « Parfois les fruits ou légumes que l’on nous donne sont juste parfaits…Il est dur d’imaginer qu’ils finissent en déchets », explique Marah Koberle qui organisait en mars 2015 la deuxième DiscoSoup de Nairobi.

DiscoSoup est un mouvement initié en Europe il y a quelques années dans la mouvance de lutte contre le gaspillage alimentaire. Le principe est simple : transformer des fruits et légumes déclassés, destinés à être jetés, en un festin solidaire. Ce repas festif où sont cuisinés de manière collaborative les fruits et légumes disqualifiés s’organise dans un lieu ouvert au public et est gratuit. Ce concept trouve –malheureusement – une raison d’être au Kenya où les entreprises horticoles affirment qu’elles jettent – sans compter les pertes post-récoltes, entre 15% et 35% de leur production à cause de standards esthétiques des supermarchés européens. Les coûts de transport et de stockage, ainsi que le manque d’entreprise de revalorisation, font que cette nourriture est détruite ou utilisée pour le bétail. Cela, dans un pays où près d’1,5M de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire.

C’est d’ailleurs auprès d’un des grands exportateurs horticole de fruits et légumes du pays que Marah a sourcé l’intégralité de sa première DiscoSoup en Novembre dernier et une partie de celle réalisée en ce mois de mars. « J’ai dû compléter avec des restes d’hôtels et de restaurants. On attend quand même jusqu’à 400 personnes ce soir ! ». Marah, initiatrice du mouvement DiscoSoup Nairobi, est expatriée mais elle est accompagnée pour la préparation de cette soirée d’une vingtaine d’amis Kenyans sensibilisés par la cause. C’est ainsi qu’en plus de la ‘classique’ soupe, les fruits et légumes déclassés retrouveront un peu de ‘dignité’ au travers d’un guacamole ou d’une salade de fruits. Un menu qui aura largement répondu aux attentes des participants qui viennent tant en soutien « à la cause que pour l’ambiance de la soirée ».

En parallèle du repas, un discours de sensibilisation à la réduction du gaspillage alimentaire est distillé tout au long de la soirée. Car même si les supermarchés occidentaux sont en partie responsables de ce gaspillage, l’urbanisation croissante et le développement d’une classe moyenne davantage aisée (à Nairobi comme dans d’autres villes africaines) contribue à la création de gaspillage en fin de chaine (à l’instar de ce que l’on observe en France).

Une DiscoSoup ne permet pas de réduire durablement le gaspillage sur les filières mais ce type d’événement a le mérite d’éveiller les consciences et d’insuffler le passage à l’acte.

La logique d’open source mise en avant par le réseau, qui permet à chacun d’organiser sa DisoSoup, devrait par ailleurs contribuer au développement de cette initiative dans de nombreuses villes africaines. Aux dernières nouvelles le Slow Food Youth Network de Cape Town devait bientôt se lancer !

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