A to Z – des produits « Made In Tanzania » pour réduire les pertes agricoles

Cela fait maintenant 50 que l’entreprise A to Z Textile Mills est implantée dans la région d’Arusha, au nord de la Tanzanie. Le créneau de cette entreprise, qui emploie près de 7000 salariés, est simple : la transformation du plastique. Après s’être spécialisé dans le textile, puis les produits de santé (moustiquaires imprégnées), A to Z a fait du secteur agricole, et plus spécifiquement des pertes agricoles, l’une de ses priorités. Et il faut dire que les opportunités de développement ne manquent pas ! Hubert Coffi, rencontré dans la zone industrielle d’Arusha, travaille pour Vector Health International,une des dix entreprises du groupe dont A to Z Textile Mills est la principale entité, et un Joint Venture avec le japonais Sumitomo Chemical Company. Agronome de formation et originaire de Côte d’Ivoire, Hubert connaît parfaitement les enjeux que représentent les pertes agricoles sur des filières comme le maïs ou l’horticulture, des productions importantes dans la région. « La Tanzanie produit 5M de tonnes de maïs par an. C’est un élément de base de l’alimentation localement. Et pourtant une quantité impressionnante est perdue en champ et après récolte». Même si les chiffres ne sont pas connus spécifiquement – « entre 30% à 50%, mais on manque de données précises » d’après Hubert, les responsables sont eux clairement identifiés : des insectes ravageurs (comme le Charençon et le Grand Capucin pour le maïs) et des conditions de stockage et transport inadaptées. C’est le cas aussi sur d’autres céréales et sur les productions de tomates et de choux présentent de plus en plus dans la région. De ces enjeux sur les filières, critiques en termes de sécurité alimentaire et de développement économique des producteurs, A to Z en a fait des opportunités de développement.

  • Fort de son expérience sur les moustiquaires, A to Z a d’abord conçus et commercialisé un filet de protection des cultures au maillage adapté pour « préserver la biodiversité mais limiter les ravageurs ». Ces filets permettent la protection des cultures horticoles sans nécessiter la mise en place couteuse et inamovibles de serres. Au final, les pertes sont réduites d’environ 50% et l’usage de pesticides est lui diminué de 30% à 40%. «Un bon moyen, ajoute Hubert, de répondre aux normes nouvelles imposées par l’UE dans la région – notamment au Kenya, concernant la quantité de traitements phytosanitaires des produits importés ».
  • Dans la lignée de sacs agricoles que produisait l’entreprise depuis plusieurs années, A to Z a développé un nouveau système de sacs hermétiques (en polyéthylène) permettant le stockage du maïs et autres céréales. Ces sacs à double ensachage –« plus simple d’usage », d’après Hubert, que les sacs PICS à triple ensachage, permettent un stockage hermétique (sans oxygène) qui empêche le développement de moisissures (aflatoxine) et limite la présence d’insectes. Le maïs se conserve ainsi jusqu’à 2 ans permettant aux agriculteurs de disposer de céréales tout au long de l’année et/ou de vendre au plus fort du marché.
  • Dernière solution proposée par A to Z et « assez logique au regard de nos activités » précise Hubert, des cagettes en plastiques encastrables facilitant le transport des fruits et légumes et notamment des tomates. Les études menées par l’AVRDC, l’un de leur partenaire localement, le démontrent : utiliser des cagettes plastiques au profit de celles en bois pourraient réduire de 30% les dégâts et dommages causées par le transport.

screenshot_14   Les clients actuels de A to Z sont davantage des industriels et des acteurs orientés vers l’export que des petits producteurs, « et pourtant, ce sont eux que nous voulons toucher » affirme Hubert. « Mais ces derniers n’ont pas toujours accès aux financement et à l’information. Ils ne nous connaissent pas et ne maitrisent pas de l’usage de nos produits ». Pour palier ce manque, et contribuer à diffuser les solutions, A to Z organise des présentations lors la foire agricole nationale (le ‘Nani Nani’), des démonstrations au champs lors de « Field Day », et se rapproche aussi d’acteurs du développement (telles que l’ONG Farm Concern International ou le bailleur USAID) qui sont proches des bénéficiaires. « Nous devons contribuer à améliorer les pratiques – tant en qualité qu’en quantité- des agriculteurs de la région. Arusha a le potentiel pour devenir un ‘Almeria durable’. A nous de le construire ». Un exemple osé – on connaît les enjeux environnementaux et sociaux de la province andalouse, mais qui a le mérite d’expliciter l’ambition agricole d’A to Z dans une région bénéficiant d’un climat propice et d’une terre fertile.

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