AVRDC – des technologies post-récoltes au service des agriculteurs Tanzaniens

L’AVRDC est un institut de recherche et développement horticole actif en Tanzanie, dans la région d’Arusha, depuis 1992. Pour répondre aux enjeux post-récoltes observés sur les filières locales (on estime entre 30% à 80% de pertes sur les filières horticoles), l’Institut met en place depuis 2012 différents projets auprès des communautés agricoles locales avec un objectif transversal ‘diffuser les technologies adaptées et permettre leur appropriation’.

Une caverne d’Ali Baba de solutions post-récoltes

Ngoni Nenguwo, spécialisé sur les enjeux post-récoltes au sein de l’AVRDC, concède « qu’il a fallu attendre quelques années avant de bien comprendre les enjeux et les besoins des filières sur les thématiques post-récoltes ». Le premier étant le développement et la mise à disposition de diverses technologies permettant de réduire les pertes.

L’AVRDC s’est alors rapproché de Lista Kitinoja, auteur à l’époque d’un rapport sur les pertes agricoles en Afrique, et responsable de la Postharvest Education Foundation , ainsi que de différents bailleurs, pour créer le Postharvest Training and Services Center (PTSC) sur le site de l’institut : « un lieu de démonstration et de formation pour les agriculteurs de la région ». Ou plutôt une caverne d’Ali Baba de solutions simples et complexes, technologiques et frugales, couteuses ou économiques…

Petit tour d’horizon :

  • ZERO ENERGY EVAPORATIVE COOLER  (ZEEC): à l’instar des Frigos Canaris, le principe du ZEEC est basé sur l’effet refroidissant de l’évaporation de l’eau. Le ZEEC est un bac de stockage composé d’une double paroi faite à partir de matériaux locaux et espacée par un mur de sable humidifié. Le ZEEC peut réduire la température de 10°C à 15°C et maintenir un taux d’humidité de 95%. Il ne nécessite pas d’énergie et est donc adapté à des zones reculées (ayant néanmoins un accès soutenable à l’eau). En savoir plus sur le système ZEEC.
  • WAKATI : il s’agit d’un système de préservation qui, au lieu de refroidir la nourriture, la conserve hydratée. La tente où sont entreposés les fruits et légumes (jusqu’à 150kg) est reliée à un panneau solaire, ce qui permet son usage dans des zones reculées. Wakati se focalise avant tout sur un stockage court terme, mais à un cout global inférieur à un frigo classique. Et comparé au stockage habituel en Afrique, les aliments se préservent 10 fois plus longtemps (même si cette fois le coût de Wakati est encore trop élevé). En savoir plus sur le système Wakati.
  • COOLBOT SYSTEM : c’est une installation simple et rapide (et économique) qui transforme un système d’air conditionné classique en un compresseur de chambre froide. Charge ensuite au bénéficiaire (davantage des intermédiaires des filières que les producteurs eux mêmes) d’aménager l’espace pour permettre un stockage efficace de ses productions agricoles et réduire les pertes. En savoir plus sur le système CoolBot.

« Aujourd’hui nous disposons des technologies. Mais notre plus grand défi c’est l’appropriation par les agriculteurs. » Ngoni Nenguwo 

En plus de ces technologies l’espace de démonstration expose de manière simple les possibilités de transport (l’usage d’une caisse en plastique pour transporter des tomates, réduit par exemple de 30% les pertes sur la filière) ou de transformation (plusieurs séchoirs solaires sont en démonstration) qui contribuent à réduire les pertes.

Pour partager ces technologies au plus grand nombre AVRDC organise des journées portes ouvertes à destination de tous les agriculteurs mais aussi des formations de ‘formateurs’ (chercheurs ; experts du développement agricole ; représentants des ministères…) : « le meilleur moyen, selon Ngoni, de contribuer durablement à diffuser les techniques ». A date ce sont quelques milliers d’acteurs des filières alimentaires locales qui ont en pu en bénéficier.

En parallèle du PTSC, AVRDC travaille sur deux projets co-financés par l’USAID qui visent notamment à permettre l’appropriation de ces technologies post-récoltes existantes par les agriculteurs locaux. De loin, « notre plus grand défi », d’après Ngoni.

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