Diffuser les solutions pour globaliser l’action

L’Afrique est un continent complexe de 54 pays. Un continent en croissance, qui se transforme, avec des acteurs de plus en plus « engagés » mais où le partage d’information, la diffusion de solutions et l’échange de bonnes pratiques peinent encore à se développer. Compte tenu des problématiques parfois similaires entre les pays, il s’agirait pourtant d’un levier important pour initier des solutions. C’est le cas sur de nombreuses thématiques de développement et celle du gaspillage alimentaire n’échappe pas à la règle.

A de nombreuses reprises lors de ma traversée de l’Afrique de l’Ouest puis de l’Afrique Australe, j’ai pu échanger avec des acteurs des filières alimentaires qui rencontraient des difficultés pour réduire les pertes ou le gaspillage alimentaires. L’envie était présente, la motivation réelle, les leviers à activer parfois identifiés mais le manque de connaissances et les difficultés trop nombreuses. Au Togo par exemple, l’Alliance Nationale des Consommateurs et de l’Environnement rencontrée à Lomé souhaitait mobilier les acteurs publics à l’enjeu de réduction du gaspillage alimentaire. Mais par quel bout prendre le problème ? Où trouver des données fiables pour communiquer ? De quelles organisations se rapprocher ? Quels acteurs cibler en premier ? Des questionnements qui freinaient l’action et qui pourtant auraient pu trouver des réponses relativement proches. A Accra, 170km à l’ouest, l’Association Chefs For Change Ghana Foundation réalise depuis plusieurs années un travail de plaidoyer pour sensibiliser les acteurs alimentaires à l’importance du gaspillage alimentaire. A Ouidah au Bénin, à quelques 100 km de Lomé, l’ONG Jeunesse Sans Frontière met en place des actions dans les quartiers pour sensibiliser les ménages et réduire le gaspillage sur l’aval des filières. Deux associations – parmi d’autres, qui sont passées à l’action et qui auraient beaucoup à partager et à apprendre. 

L’enjeu vient davantage de la mise à disposition et du partage de cette information positive, du manque d’outils pour capitaliser sur ceux qui savent, ceux qui agissent afin de faciliter la replicabilité et le passage à l’acte

Le problème ne semble donc pas venir de l’absence de solutions mais de leur difficulté à traverser les frontières. Et pourtant les pays africains sont de plus en connectés et les acteurs alimentaires – quels qu’ils soient, disposent d’un accès à l’information. L’enjeu vient davantage de la mise à disposition et du partage de cette information positive, du manque d’outils pour capitaliser sur ceux qui savent, ceux qui agissent afin de faciliter la replicabilité et le passage à l’acte. Cela passe à la fois par l’identification de ces solutions –l’un des objectifs de Yes FOOD Can, mais aussi par la mise en réseau des acteurs.

Ouvrir au dialogue et à l’échange pour globaliser l’action et réduire un gaspillage inacceptable.

De ce fait, la plateforme développée par la FAO mérite ainsi d’être signalée. Via son initiative Save Food sur la réduction des pertes alimentaires, la FAO a lancé il y a quelques mois une Communauté de Pratiques (CoP) qui vise à regrouper les bonnes pratiques de réduction des pertes alimentaires à travers le monde. Selon Francesca Gianfelici, coordinatrice de la plateforme, « la CoP vise à donner un espace d’échange, de dialogue et de partage aux ‘praticiens’ de la réduction des pertes alimentaires ». Des ressources, un calendrier d’évènements et un forum sont mis à disposition des utilisateurs de la plateforme. La plateforme est ouverte à tous après validation de son inscription.

Même si l’outil pourrait être rendu plus interactif pour faciliter la participation des membres, et bien que le périmètre actuel se focalise davantage sur les pertes en amont que sur le gaspillage en aval (pourtant réel même dans les pays en développement), cette plateforme a le mérite de répondre à un enjeu selon moi fondamental : ouvrir au dialogue et à l’échange pour globaliser l’action et réduire un gaspillage inacceptable.

Espérons dès lors que cet outil soit diffusé au plus grand nombre afin d’alimenter la diversité des échanges et rendre les solutions d’un pays accessibles à toute l’Afrique. Espérons enfin que le système éducatif africain réalise sa part du travail en éveillant la curiosité de la jeunesse africaine et en formant cette dernière à la recherche de l’information.

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