CSIR – Quantifier pour mieux agir

S’il y a bien une composante commune à la question du gaspillage alimentaire à travers l’Afrique c’est le manque de données quantitatives et qualitatives fiables. Et sans connaître précisément le problème il est toujours difficile d’y apporter des réponses pertinentes et efficaces. Chercheuse en ‘Waste management’ Centre de Recherche Scientifique et Industrielle, Suzan Oelofse a ainsi décidé de produire les premiers chiffres du gaspillage alimentaire en Afrique du Sud. Un premier pas vers l’action.

C’est lors d’un colloque en Angleterre que Suzan Oelofse, originaire de la région de Johannesburg en Afrique du Sud, pris conscience de l’importance du gaspillage alimentaire et de ses impacts ‘ravageurs’ sur l’environnement. Des lectures complémentaires de Jenny Gustasvsson finirent par la décider à traiter de la thématique dans ses travaux de recherche.

Les chiffres obtenus en 2008 avec son équipe de chercheurs traduisent l’ampleur du phénomène en Afrique du Sud : 9 à 10 Millions de tonnes de nourriture sont perdus ou gaspillés chaque année soit 30% de la production agricole totale, environ 2,1% du PIB annuel du pays. Un gaspillage qui selon Dr Suzan Oelofse, « se retrouve à toutes les étapes et sur l’ensemble des filières alimentaires » – notamment la filière fruits et légumes, et qui reviendrait à un gaspillage annuel par personne de 177kg.

Des résultats qui ne sont pas sans rappeler ceux obtenus dans de nombreux pays développés : la Commission Européenne estime en effet que 179kg de denrées alimentaire serait gaspillée chaque année en moyenne par chaque ressortissant de l’UE.

Chiffres du gaspillage alimentaire en Afrique du Sud

 

L’importance de ce gaspillage alimentaire en Afrique du Sud s’explique – entre autre, par un système alimentaire complexe où l’agriculture familiale et ses circuits courts côtoient une agriculture exportatrice aux nombreux maillons. Deux agricultures qui montrent leurs limites et qui sont respectivement génératrices – pour différentes raisons, de nombreuses pertes sur les filières. Le niveau de développement de l’Afrique du Sud (fort de plusieurs années de croissance), et l’existence de classes moyennes et aisées, explique aussi l’origine de gaspillages au stade de la distribution et de la consommation, comme ce peut être le cas dans les pays occidentalisés.

Fort de données qui sont partagées et utilisées à travers toute l’Afrique du Sud, Dr Suzan Oelofse, chercheuse dans l’âme, souhaite continuer ses travaux. Selon elle, « trop d’approximations subsistent dans ces premiers résultat » notamment sur les  « pertes en céréales et au niveau des données par foyers ». Depuis le début de l’année 2014 une étude complémentaire est en cours avec des questionnaires diffusées dans près de 1000 ménages sud-africains. Un second pas vers l’action.

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