Plus de saison pour les tomates

Il aura fallu une heure de taxi-brousse en direction de l’est du Bénin pour aller à la rencontre de Franck Moukoun dans la commune de Djéregbé à l’entrée de Porto Novo, capitale administrative du Bénin. Franck est responsable du Groupement d’Exploitants Agricoles (GEA) du Porto Novo. Ce groupement qui rassemble plus 32 000 agriculteurs dans une quinzaine de filières différentes (maïs, riz, tomate, oignon, noix de cajou, lapin…), est un acteur important de l’agriculture au Bénin depuis 1985.

La thématique des pertes et gaspillages alimentaires est un enjeu identifié depuis longtemps par Franck et le GEA. Attaques de ravageurs et d’oiseaux dans les champs de blé, mauvais triage du riz, récoltes tardives, absence de transformation des mangues, ou encore aliments jetés au sein des ménages, les causes de pertes et gaspillages évoquées sont nombreuses.

Mais l’enjeu prioritaire pour les acteurs du GEA est l’étalement de certaines productions maraîchères sur l’année. Par exemple, la campagne de la tomate au Bénin a lieu entre juin et août, alors même que le climat permettrait de les cultiver presque tout au long de l’année avec peu ou de légers aménagements. Cette campagne unique amène les agriculteurs à déverser tous leurs produits sur le marché au même moment. Une surcharge du marché qui ne trouve pas sa demande et fait baisser drastiquement les prix – 150 F CFA/kg de tomates contre 1 000 F CFA/kg pendant la période de soudure. Un gap économique conséquent lorsque l’on sait que le salaire moyen est estimé à un peu plus de 25 000 CFA (38€). De plus, le marché n’est pas en mesure d’absorber toute l’offre proposée ce qui amène un taux de pertes énorme sur les filières – jusqu’à 50% de pertes estimées sur la filière tomate ! Pertes qui ne peuvent être comblées par des méthodes de conservation ou de stockage des fruits et légumes, quasi inexistantes au Bénin.

Pour répondre à cet enjeu majeur, Franck a choisi d’accompagner les producteurs du GEA – à commencer par ceux de tomates – sur la planification de leur production sur l’année. Cette organisation permet de répartir l’offre tout au long de l’année répondant ainsi à une demande constante en tomates – sans avoir recours à des produits importés forcément onéreux. De plus, les prix sont nivelés vers le haut. Pour cela, le GEA forme les agriculteurs à la programmation de leur campagne sur des périodes propices et au développement de cultures de contre saison. Ce cycle de formation démarre seulement mais Franck est convaincu de résultats positifs tant sur le plan économique que sur celui de la réduction des pertes. Il souhaite l’élargir à l’ensemble des zones d’intervention du GEA et à d’autres filières comme l’oignon.

 

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Aller à l’encontre des traditions culturales pour produire des tomates tout au long de l’année, telle est la solution proposée par Franck pour contribuer à réduire les pertes et gaspillages alimentaires et renforcer ainsi la sécurité alimentaire des membres du GEA.

Contacts : Franck Moukoun – GEA Porto-Novo geabenin@yahoo.fr


 

 

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