Pédaler pour moins jeter

« Parfois, j’en pleure ». C’est ainsi que Martin Tohou rencontré à Bohicon, dans le centre du Bénin, parle du gaspillage qu’il observe au quotidien. Responsable de l’ONG GRAAB, qui travaille entre autre sur le développement d’une agriculture familiale respectueuse de l’environnement, Martin a une vision systémique de l’agriculture. Et le gaspillage alimentaire n’a pas sa place dans le système. Pour lui l’organisation de la commercialisation pose problème dans les milieux ruraux, et les femmes marailleuses – qui s’occupent majoritairement de la vente- ont une grande part de responsabilité.

Ces ‘bonnes dames’, présentes sur de nombreuses filières maraichères, ne sont pas des productrices mais des commerçantes. Elles n’ont pas toujours la mesure de la valeur des produits et de l’énergie utilisée pour les produire. Des quantités importantes sont ainsi écrasées, jetées sur le bord de routes, enfouis, lorsque les ventes de plusieurs jours sur les marchés ne sont pas bonnes. Un gaspillage estimé entre 50% et 80% pour certains produits. Mais aucune raison pour autant de diminuer les prix de vente afin d’écouler les invendus, cela déséquilibrerait le marché pour la suite… Et bien souvent ces vendeuses ont déjà réalisé du bénéfice compte tenu des marges importantes qu’elles imposent.

Martin ne supporte plus cela. Il veut replacer le producteur au cœur de son système. Dans le cadre d’un projet de développement d’activités maraichère sur un jardin de Bohicon il a décidé de ne pas s’arrêter à produire durablement. Il souhaite proposer une alternative de vente et aller à la rencontre de la demande. C’est ainsi qu’un système de vente de proximité devrait voir le jour dans quelques mois. Un tricycle adapté, confectionné pour l’occasion, disposera d’une remorque avec les produits issus du jardin. Un membre du groupement s’occupera directement de les vendre. La transaction se fera en ‘cash’, au juste prix, bénéfiques tant pour les producteurs que pour les acheteurs. Si tout se passe bien le tricycle pourrait même se transformer en mini-bus dans le futur : bientôt un food-truck au milieu du Bénin !

La distribution au plus proche des consommateurs pour répondre au défi du gaspillage alimentaire, tel est le souhait de Martin qui ne compte pas pleurer davantage les fruits et légumes jetés !

Contact : Martin Fanou TOHOUgraabta@yahoo.fr

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